Rien ne sera plus comme avant.

Le choc financier de ces derniers mois est le symptôme supplémentaire d'un profond bouleversement socioéconomique entamé il y a deux décennies.

Mondialisation, nouvelles technologies, développement durable. Progressivement, émerge un nouveau modèle de société.

Il y a plus de 50 ans, l'économiste Peter Drucker écrivait :

"l'entreprise n'a que deux objectifs : le marketing et l'innovation".

Vu de votre entreprise, de votre secteur d'activité, de votre marché, exprimez et partagez sur ce blog votre analyse et votre expérience de dirigeant de TPE-PME sur la mutation marketing ainsi engagée : concurrence, nouveaux usages et attentes de vos clients, gisements de croissance, etc. et leurs conséquences sur vos offres à venir.

Comment monDirecteurMarketing analyse les mutations en cours.


Nos prédictions sectorielles :

>Internet Informatique Télécom



jeudi 19 novembre 2009

Evolution des mentalités des professionnels du marketing

Récemment, un anthropologue ayant visité ce blog m'écrivait :
"Comment le marketing qui depuis les années soixante (...) a été orienté vers le toujours plus, va pouvoir passer à une pratique orientée vers une consommation plus économe en matière première et en énergie. C’est une vraie révolution mentale. Je constate aussi beaucoup de tensions entre les R&D et les directions marketing".


Comment concevoir, lancer, promouvoir et développer des offres plus économes, plus frugales, plus responsables, plus durables ? Cela ressemble à la quadrature du cercle, si l’on postule que le marketing est motivé par la profitabilité, la surconsommation, le cynisme et le gaspillage !
Mais si l’on admet que le marketing, c’est plus rationnellement la mise en adéquation de l’offre et de la demande, alors les contraintes environnementales et macroéconomiques qui s’exercent progressivement sur la demande (pouvoir d’achat, sensibilité écologique, …) vont impacter les fournisseurs, tandis que celles qui s’exercent sur l’offre (raréfaction des énergies fossiles, technologies de l’information, …) vont influencer les modes de consommation.

En somme, si l'on ne peut pas faire confiance au marketing pour introduire de la morale – le business est amoral, comme chacun sait ! – on peut lui faire confiance pour deviner, comprendre, anticiper et s’adapter à des tendances lourdes et inéluctables, ne fût-ce que par opportunisme… Ainsi s’accomplissent les mutations !
Le marketing ne provoque quasiment jamais de ruptures épistémologiques (on reproche à ceux qui le font d’avoir eu raison trop tôt…), mais il les accompagne, voire les anticipe, et généralement les accélère. Ce n’est déjà pas si mal.

Une illustration : les constructeurs automobiles. Ça fait 35 ans qu’on annonce la fin du pétrole (à tort à l’époque), ça fait 25 ans qu’on presse les industriels d’élaborer des voitures propres (trop prématurément), ça fait 15 ans qu’ils bredouillaient des véhicules de plus ou moins nouvelle génération (un grand feu d’artifice de voitures électriques, GPL, à hydrogène, à vapeur !), mais ça fait seulement 5 ans qu’une prise de conscience massive s’opère dans les mentalités et auprès des pouvoirs publics. Le déclic. Depuis, Toyota a ouvert le bal avec un véhicule hybride viable fabriqué à grande échelle. En France, Renault et Peugeot annoncent des modèles industriels pour 2011. Dans 5 ans, la majorité des véhicules neufs seront hybrides voire électriques.

À ce titre, la crise financière de ces derniers mois est aussi un déclic, pour ne pas dire un clash.
Elle est à elle seule un symptôme, un cause et un effet des désordres de notre économie, qui est elle-même un reflet fidèle de notre modèle de société. Car, au-delà des seuls indicateurs de PIB, d’inflation et de chômage, il est question ici de dématérialisation de notre environnement, de virtualisation des relations, d’iniquités socioéconomiques institutionnalisées, d’hyperindividualisme revendiqué, de découplage du travail et de la rémunération, etc. Un cas d’étude sociologique en soi !
Quelles mutations cette dernière crise en date inaugure-t-elle ? Résignation ou réforme ? C’est une question qui taraude le citoyen et le professionnel du marketing que je suis.

Ce qui me semble certain, c'est que le débat ne porte pas sur le passage à une économie de décroissance, de régression, de partage de la pénurie, voire de paupérisation. Cette voie serait suicidaire, car elle marquerait pour la première fois de l'Histoire le déclin volontaire d'une civilisation et une forme de déchéance assumée du genre humain...
Le défi est au contraire de trouver des relais de développement, de nouveaux gisements de croissance, des idées pour un avenir universellement viable. L'économie de marché ne se réduit pas à la surconsommation et au libéralisme échevelé. Elle est l'infrastructure antédiluvienne de toutes les sociétés évoluées fondées sur l'échange et la recherche du progrès.

Ainsi, dans une optique de consommation responsable, penser :
1) les produits, non plus comme des objets usables et jetables, mais comme des organes intégrés à notre environnement, doués d'une existence propre (traçabilité, maintenance, renouvellement, recyclage, ...) ;
2) les services, non plus comme des options onéreuses, mais comme un processus inhérent aux produits, inscrit dans la permanence et la récurrence ;
tels me semblent être les axes structurants du marketing du XXI° siècle.

lundi 16 novembre 2009

Consommation durable et typologie de consommateurs 2009

Un recentrage vers l’essentiel et une volonté de changement des modes de vie et de consommation : tel est le principal enseignement de l'enquête Ethicity - Ademe - TNS sur la relation des consommateurs au développement durable publiée en avril 2009.


Le Noyau dur moteur de l’intégration : 45 % de la population

Les accomplis (14%) : Le choix garanti
Surpondéré chez les actifs et retraités CSP+ avec diplôme supérieur, ils intègrent le développement durable dans leur style de vie. Plus de 40 ans, leur réussite professionnelle et leurs moyens financiers leur permettent d'agir de façon responsable. Ils achètent régulièrement des produits durables. Ils font confiance aux labels pour cela. Pour eux la recherche du profit est compatible avec le respect de l’environnement et la qualité sociale de production. Il faut leur proposer du choix et ils vont vérifier les preuves et l'efficacité de leurs actes durables.

Les solidaires (11%) : La preuve de l’impact de leur choix
En seconde partie de leur carrière, ces CSP+ se sentent très concernés par l'éthique de la vie. Ils ont une vision assez holistique et reconnaissent la nécessité d'agir ici dans leur périmètre de vie et là bas dans le monde. Il faut les réassurer sur le partage des bénéfices, l'équité, et l’influence économique de leurs choix. Ils ont besoin de transparence et nécessitent d'être guidés sur la compréhension des impacts positifs de leur consommation. Il faut les motiver en leur démontrant l'effet économique de leurs actions.

Les libéraux (12%) : La croissance verte
Surpondérés chez les plus de 45 ans, ils ont réussi dans la vie. Ils comprennent les ressorts de l'économie et ont bien intégré le potentiel d'une croissance verte. Très ouverts, ils sur-expriment leurs convictions. Ils ont besoin d'être informés, et attendent des résultats, de l'efficacité. (Ils font davantage confiance aux entreprises pour y arriver.) Ils doivent être confortés dans l'idée que le développement durable ne coûte pas à la société, mais bien au contraire.

Les familiaux (8%) : Les bénéfices personnels
Actifs CSP+ et étudiants âgés de 15 à 45 ans surpondérés à Paris et sa région. Ils s'attachent aux enjeux environnementaux et aux questions de santé. Plutôt dans l'économie ménagère, ils favorisent le juste usage. Pour eux la crise économique actuelle est une vraie occasion de revoir nos modes de vies et de comportement. Ils veulent voir les bénéfices personnels (financier et santé) de leur consommation : il faut qu’ils y trouvent un intérêt et que ce soit moins cher.

Ceux qu’il faut aider davantage : 30 % de la population

Les régionaux (16%) : A valoriser
Encore jeunes et plutôt modestes, ils se rattachent à leurs valeurs, à leur "bon sens paysan". Ils sont attentifs à la traçabilité humaine et environnementale des produits qu'ils consomment, et sont sensibles aux problématiques de l'emploi. Ils ont besoin d'être respectés, reconnus. Il faut savoir les valoriser à travers leurs actes.

Les repliés (14%) : Montrer concrètement les impacts locaux
Plutôt jeunes, ouvriers, étudiants, ou sans activité, ils ont un revenu assez modeste et tendent à limiter leur consommation. Ils privilégient les produits français, et un bon rapport qualité prix. Pour eux consommer de manière responsable c’est consommer moins et local. Très pragmatiques, il faut leur donner les clés d'une consommation plus responsable, tout en considérant que leur priorité reste le quotidien. Ils ont donc besoin de preuve, de concret, et d'accessibilité.

Ceux qui se marginalisent : 25 % de la population

Les protestataires (8%) : Dialoguer
Retraités de classe moyenne, ils n'ont pas confiance dans les grandes entreprises et ne croient plus aux politiques. Leur engagement est plutôt social, ils sont très sensibles aux inégalités. Ils ne veulent pas payer la crise et expriment un fort besoin de solidarité. Ils ne font pas confiance aux labels, et, pour eux, le Développement Durable n’est qu'une mode. Il faut leur fournir plus de transparence sur la répartition de la valeur.

Les "sans opinion" (12%) : Redonner du sens collectif
Retraités modestes de banlieue urbaine, ils sont peu impliqués. Peu critiques, ils sont très malléables. Ils ont tendance à faire confiance aux autres et s'intègrent facilement dans des actions collectives. Le meilleur moyen de les sensibiliser est donc de leur redonner du sens via le collectif.

Les rebelles (6%) : Les tenir informés de façon plus moderne
Groupe jeunes (18-44ans), ils ne sont pas satisfaits de leur situation professionnelle. Ils ont du mal à percevoir un futur meilleur et ne voient pas comment ils pourraient changer les choses. Ils ne sont pas encore sur le chemin du Développement Durable. Ne pas s’impliquer les valorise. Il faut les informer de façon plus moderne et leur montrer les bénéfices du développement durable pour eux.

samedi 14 novembre 2009

Prédictions secteur Internet Informatique Télécom


C'est le secteur qui profitera le plus fortement et le plus durablement des mutations en cours, car il accompagne au plus près les nouveaux usages qui apparaissent à cette faveur. La convergence fixe-mobile, voix-données, etc. poursuit son irréductible avancée à mesure que les frontières traditionnelles du temps et de l'espace se dissipent dans les vies complexes et imbriquées des individus. Les principales innovations viennent moins de l'infrastructure, désormais mature et en déploiement généralisé, que des applications et des services.


Dans le grand public, les services individualisés l'emportent sur les médias de masse traditionnels, les repères identitaires sur les marques fédératrices :
- chaînes TV ciblées, thématiques, locales,
- vidéo à la demande, rattrapage TV , podcast radio,
- sonorisation et ambiançage vidéo personnalisés des espaces publics, points de vente, bars et restaurants,
- blogs personnels et réseaux sociaux communautaires,
- portails personnalisés (mashups),
- services géolocalisés / Location Based Services (films ou restaurants à proximité, promotions de commerçants, news de la ville, informations touristiques, ;..)
- auto-journalisme en ligne (CNN, ...).

On assiste enfin à l'essor de la domotique intelligente tant annoncée :
- tous les objets communicants de la maison sont interconnectés (ordinateur, mobile, console de jeux, cadre numérique, téléphone résidentiel, chaine HiFi, ...) et permettent notamment de partager vidéos, photos, musiques, ...
- surveillance et télésurveillance de la maison,
- commande locale ou à distance, programmée ou manuelle, des appareils domestiques (chauffage, volets, portes, arrosage du jardin, éclairages, audio-vidéo, ...)
- gestion de stocks des denrées alimentaires et des produits ménagers en liaison avec les achats en ligne,
- sonorisation et équipement vidéo en réseau dans l'ensemble des pièces de la maison,
- apparition des premiers robots ménagers (aspirateur, vidéosurveillance mobile,...) ou de loisirs connectés,
- réseau domestique étendu au voisinage, aux prestataires de la résidence (syndic, plombier, mairie, services d'urgence, ...).

Le livre, outil fondateur du savoir et de la culture, trouve enfin la place qui lui revient dans l'ère numérique :
- le web est, de fait, la plus grande bibliothèque du monde, mais aussi la plus pratique (accès instantané, indexation, collecte, navigation de proche en proche, ouverture multimédia, ...),
- les programmes de bibliothèques numériques (Wikipedia, Wiktionary, ...) font florès (Europeana, ...) et structurent le savoir en mode contributif et évolutif,
- les médias papier disposent tous d'une édition Internet complémentaire, qui trouve sa propre autonomie dans la réactivité et l'approfondissement,
- les livres traditionnels assurent l'interace avec le virtuel par l'insertion de liens html, de codes-barres, et l'adjonction de supports multimédias (CD-ROM, cartes mémoire, micro-clés USB, ...),
- les romans multi-auteurs, les mail-romans, l'auto-production d'écrits se développent et témoignent d'une grande vitalité littéraire,
- le problème du support (lisibilité, portabilité, matérialité) est partiellement résolu par l'avènement si attendu du e-book à papier et encre électroniques,
- de nouveaux outils pédagogiques, faisant la passerelle entre la toile et le monde réel, sont introduits à l'école et à l'université.

Le mobile intelligent (smarphone, PDA, ultra-portable, ...) devient un outil prédominant pour une majorité d'individus :
- joignabilité multimédia (téléphone, email, SMS, ...),
- organisation / réorganisation permanente de son planning,
- géolocalisation, contrôle à distance, optimisation de tournée,
- accès transparent aux ressources de l'entreprise (annuaires, documents, ...),
- accès en temps réel à la toile,
- consommation géolocalisée (SMS-mailing, codes-barres mobiles, recherche de proximité, ...),
- interaction sociale (échange de cartes de visites virtuelles, détection mutuelle, ...),
- TV sur mobile,
- paiement sur mobile,
- après l'ultra-portable, alternative PC au PDA, apparaît le PC sur clé USB, consacrant la convergence totale fixe-mobile et voix-données.

Les caractéristiques formelles de l'entreprise sont redéfinies, jusqu'à l'échelle de l'individu, pour servir un objectif d'efficacité, d'économies et d'adaptabilité :
- partenariats ad hoc et groupement d'entreprises,
- intégration des processus avec les fournisseurs, sous-traitants, clients, banquiers, ...
- organisation en franchises et autres réseaux synergiques,
- nomadisme, télétravail,
- recours aux freelances, externalisation de fonctions (finance, RH, marketing, ...).
Ces nouveaux modes d'organisation sous-tendent de nouvelles architectures informatiques et de nouveaux modes de communication, qui restent à mettre en œuvre dans la plupart des entreprises.

A cause de cela, les offres web 2.0 deviennent une réalité, non plus seulement dans la sphère privée, mais désormais dans le monde de l'entreprise :
- réseaux socioprofessionnels,
- places de marché,
- travail collaboratif, gestion de contributions multiples, gestion de projets en réseau,
- écoute permanente du marché et interaction avec les clients (enquêtes en ligne, forums, ...),
- interconnexions applicatives,
- visioconférence, e-learning, rich media, …
La question de la localisation des machines et des ressources devient moins importante que celle de la permanence, l'universalité, l'ubiquité, l'interopérabilité et la qualité du service apporté (SaaS, SOA, cloud computing).

On voit poindre la génération web 3.0, qui fait entrer les applications Internet dans le monde du naturel et de l'intuitif :
- moteurs de recherche sémantiques, accès à l'information recherchée en langage naturel,
- nouvelles méthodes de représentation, de classement et d'accès aux connaissances,
- interfaces graphiques informatiques de nouvelle génération utilisant les 3 dimensions spatiales qui nous sont habituelles,
- ultra-personnalisation des informations provenant de sources composites (mashup, RSS, ...),
- identification unique et universelle des internautes,
- fusion des données signalétiques personnelles publiées (blog, CV en ligne, profil sur réseaux sociaux, ...) en une "e-Biographie" publique,
- mise en relation automatique par affinités (sociale, professionnelle, géographique, ...), par exemple services automatiques de covoiturage, postulation instantanée à une offre d'emploi...
- enrichissement des modes de segmentation, typologie, profilage, ciblage et adressage de populations de prospects et clients,
- capteurs intelligents pour la traçabilité instantanée et complète de tout produit, pour des raisons sanitaires, éthiques, informatives, etc.
- workflows d'entreprise auto-adaptatifs,
- ERP interactifs avec les objets et processus (stocks, clients, ...) trackés via le web (RFID, codes-barres, ...),
- outils plus pointus de veille de marché, d'intelligence économique,
- systèmes de Business Intelligence auto-générateurs d'indicateurs clés, de tableaux de bord, d'alertes et de prévisions,
- méthodes d'apprentissage adaptées aux processus cognitifs humains.

L'open source s'impose partout, non comme l'utopie d'une alternative gratuite, mais comme la quintessence du modèle SaaS (Software as a Service) par lequel la valeur réside moins dans le produit logiciel lui-même que dans les services qui l'entourent :
- customisation des solutions à partir de socles applicatifs génériques,
- interopérabilité avec le reste du système d'information et celui des partenaires,
- évolutivité et ouverture logicielle pour des développements maison, réappropriation sans dépendance vis-à-vis d'un prestataire
- service clients, SAV, hotline technique irréprochables,
- modèle locatif économiquement plus pertinent (facturation tout compris, trésorerie versus investissement).

A tous les échelons, et au-delà de la seule résorption de la fracture numérique, les collectivités publiques jouent un rôle croissant dans la diffusion des nouvelles technologies :
- simplification des procédures et formalités administratives de l'Etat,
- informations civiques et communication au niveau des régions et départements,
- portails municipaux fédérateurs de commerçants et entrepreneurs,
- plateformes TIC proposées par les agences de développement économique, pépinières d'entreprises, etc.